« Rien ne va plus », c’est ce qu’il m’a dit en m’abordant sur le trottoir. Je n’avais qu’une envie,  lui répondre « Qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse », mais quelque chose dans son regard m’en a empêché. Alors j’ai juste dit : « Il y a des jours comme ça ! »

Ma phrase a semblé l’encourager et j’ai compris que j’en aurais pour une heure au moins. Je lui ai proposé d’aller au café, tant qu’à faire. On a commandé un demi et il m’a tout dit. Au bout d’une heure il était souriant, moi moins ; j’avais absorbé toute la noirceur de son âme.

Il m’a quittée en me remerciant chaleureusement et je me suis contentée de lui répondre « de rien ! », comme si de rien n’était.

Après avoir fait quelques pas sur le trottoir, j’ai été saisie d’une terrible angoisse et j’ai tout de suite essayé de trouver quelqu’un à qui je pourrais dire « Rien ne va plus »…

21_02_11_pour_GB